Après une très (trop) longue carrière entamée en 2010, c’est un avec un petit pincement que nous avons appris l’arrêt de production d’une des plus belles berlines compact du marché, l’ Alfa Romeo Giulietta. Petit retour sur les 10 années d’une autre victime des errements du groupe FCA.

Tout commence par une présentation au salon de Genève en mars 2010 et une commercialisation en juin de la même année pour fêter dignement les 100 ans d’ Alfa Romeo. La nouvelle berline compact doit succéder à la 147 qui a été avec la 156, le modèle de re re re lance de la marque Milanaise. Un modèle qui avait également dû tenir 10 ans au catalogue et qui avait été un de premiers concurrents sérieux de l’Audi A3.

Après une gestation très longue et quelques revirements typiques du groupe, celle qui devait s’appeler Milano décide au dernier moment de puiser dans sa riche histoire en optant finalement pour Giulietta. En reprenant un nom qui avait marqué les années 50 et permis à Alfa Romeo de gagner ses lettres de noblesses, le groupe souhaitait transformer l’essai de la 147 en poursuivant sa montée en gamme.

La gamme de motorisation au lancement était déjà très complète avec deux essences 120 et 170ch ainsi que 2 diesels de 105 et 170 ch. Par la suite, une version Quadrifoglio Verde et une boite automatique double embrayage TCT allait enrichir la gamme et ainsi renforcer l’offre. Après des débuts prometteurs et près de 79000 exemplaires produits pour la première année pleine, des essais presse plutôt bonne, le modèle allait rapidement subir les problèmes financiers du groupe FCA et ses mythiques revirements pour atteindre péniblement 26000 exemplaires en 2018 et à peine 15000 en 2020.

Après un premier très léger rafraichissement en 2013 et un plus “gros” en 2016 pour lui coller la calandre de la Giulia (un autre modèle qui a mis beaucoup de temps à arriver et qui est “abandonné”), les équipes marketing n’ont cessé de bricoler des séries spéciales pour pouvoir maintenir un petit peu les projecteurs sur la Giulietta sans vraiment mettre les moyens. Une gestion de carrière sans réel ambition, qui misait tout sur un design et des remises n’a eu finalement pour effet que de détériorer un peu plus l’image de marque.

Comme à son habitude, Alfa Romeo évoquait en 2018, un profond Face Lift pour la Giulietta qui est depuis tombé aux oubliettes

Pourtant, un espoir était né en 2015 avec la présentation en grande pompe de la Giulia QV et de la très réussie plateforme Giorgio. Lors de la conférence de presse, Sergio Marchionne annonçait pour le plus grand plaisir des Alfistes, 8 nouveaux modèles en 4 ans et que tous allaient reposer sur le châssis propulsion de la nouvelle berline, y compris la remplaçante de la Giulietta. Joie de courte durée avec des retards à l’allumage pour la Giulia lancée en catastrophe en juin 2016 et Stelvio en 2017. Depuis ? plus rien hormis le retour de plusieurs séries limitées et une mise à jour du système multimédia des Giulia/Stelvio qui passe au tactile et la conduite autonome de niveau 2. Point d’éclairage Full Led ou d’hybride, pour espérer reprendre une marche en avant, même légère.

Et maintenant?

Quelle est la prochaine étape pour cette vénérable marque? La première, sera le lancement de SUV segment C appelé à remplacer la Giulietta. Présenté à Genève en 2019, le Tonale sera la première tentative d’ Alfa Romeo dans le domaine de l’hybride rechargeable. Après plusieurs tergiversations, la promesse de tout construire sur la plateforme Giorgio sera abandonné… Le nouveau modèle qui arrivera peut-être en 2021 (Toujours le souci de communiquer des choses précises) reposera sur les solutions techniques du Compass et enterrera pour le moment les espoirs de pouvoir à nouveau rouler dans une belle berline compact Italienne

La fusion à venir avec PSA pour créer le groupe Stellantis nous redonne un petit espoir, mais par expérience, nous ne ferons pas de prévision tout en accordant notre confiance à Carlos Gomes pour enfin donner à Alfa Romeo les moyens de ses ambitions.

Notre avis et conclusion

La Giulietta vient s’ajouter à la longue liste des modèles victimes de la gestion chaotique du groupe Fiat. Malgré des modèles mythiques, une capacité à innover et dessiner des voitures plus belles les unes que les autres, Alfa Romeo n’a jamais réussi à trouver la bonne formule pour pérenniser ses bonnes intentions. Pour avoir eu plusieurs Giulietta, je ne suis que plus triste de voir le modèle terminé sa carrière dans un total anonymat qu’elle ne méritait pourtant pas. Par contre, si il y a bien une chose que l’histoire nous a enseignée, c’est que les légendes ne meurent jamais alors nous avons envie de dire à bientôt Giulietta